édito

L’arrachage, c’est l’avenir

Attendue était l’annonce de la Ministre de l’Agriculture d’un « plan national de sortie de crise ».

Les éléments de langage l’accompagnant sont un exemple de communication politique dont je vous laisse juge.
En effet, il a paru important de préciser que cela n’était pas un « énième plan d’urgence ». Quand on juge utile d’insister lourdement sur un point, c’est que ce n’est peut-être pas si évident pour tous.
Second élément mis en avant, ce plan est présenté comme un « investissement pour redonner un avenir à [la] filière ».
Qu’en est-il du contenu.
Une enveloppe importante (130 M€) pour de l’arrachage définitif. Là où une demande portait pour de l’arrachage temporaire pour être, le cas échéant, en capacité de rebondir. Mais sans doute une nécessité pour répondre à une urgence absolue pour de nombreuses exploitations.
Une demande, pouvant s’apparenter à un vœu pieux, formulée à la Commission européenne de mobiliser de l’enveloppe de crise pour financer de la distillation. Le Commissaire semble vouloir s’ouvrir au sujet. Reste à définir les contours de l’intervention et cela peut prendre du temps.
Des prêts garantis par BPI France pour accompagner les trésoreries. Ce qui ont goûté aux PGE Covid risquent de se muer en chat échaudé…
Et le traditionnel train d’exonérations et reports (TFNB, MSA…).
Il était nécessaire d’apporter quelques réponses immédiates à des situations plus que critiques.
Et très politiquement indispensable de lâcher un peu les cordons de la bourse à la veille du Sitévi et ainsi éviter une inauguration chahutée.
Mais de là à présenter cela comme un plan d’avenir, il ne faudrait pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages.
Pas un mot sur les discussions du plan national de filière et de la programmation des enveloppes budgétaires européennes.
Où il faudra faire des arbitrages. Entre mesures « positives » (promotion, œnotourisme…) et d’autres plus « défensives » et traditionnelles (restructuration) qui semblent à bout de souffle mais sont pourvoyeuses de fonds. Sans doute de belles joutes en perspectives.
Pas un mot sur les conclusions d’un récent rapport sénatorial, qui se veut « décoiffant » (on en reparlera).
En tout état de cause, présenter la décapitalisation du vignoble comme son avenir ne semble pas un signal politique d’encouragement et de soutien profond pour une filière qui attend autant, voire peut être plus, des preuves d’amour que des soins palliatifs.

Sylvain Naulin

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