édito

La route des Indes

On ne l’attendait plus. Il s’était fait discret, sorti des radars, et, il faut bien l’avouer, occulté par l’omniprésence médiatique du Mercosur.
Mais, tel le lapin sorti du chapeau, voilà l’annonce avec tambours et trompettes d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Inde.

Pour le vin, l’Inde, aujourd’hui, c’est à la fois une citadelle difficile à prendre (il faut bien admettre que 150 % de droits de douane en guise de bienvenue, ça pique un peu) et un eldorado où l’herbe a l’air bien verte. Pensez donc : plus d’un milliard d’habitants, une croissance économique soutenue entrainant dans son sillage une classe moyenne éduquée à l’occidentale (il faut bien reconnaître quelque vertu aux Anglais) et désireuse de s’ouvrir au monde.


D’autres y avaient pensé avant nous. L’Australie bénéficie déjà d’un accès privilégié et la Nouvelle-Zélande vient tout juste de l’obtenir. Rappelons-nous le précédent coréen, où le décalage de sept ans entre l’Australie et nous leur avait permis de nous tailler des croupières. Nous les avions trouvés baguenaudant joyeusement dans un marché qu’ils avaient eu le temps de défricher en toute concurrence « déloyale ».

Alors l’Inde. Les négociations ont déjà été « à ça » d’aboutir il y a une dizaine d’années mais avaient achoppé sur les produits pharmaceutiques et les voitures. Pour les filières agricoles, le risque d’importation massive de vaches sacrées semblant limité, pas de blocage en vue. Pour le vin, le paquet était globalement ficelé, et au final assez proche de ce que l’on nous annonce aujourd’hui.

Et que nous annonce-t-on ? Dès l’entrée en vigueur, des droits de douane divisés par deux. Une belle coche. Ensuite une réduction progressive sur 7 ans avec des objectifs différents selon la tranche de prix ; atterrissage à 30% pour les vins de moins de 10€ et 20% au-delà. Afin de protéger une production domestique émergente (et ambitieuse).
Derrière cette façade alléchante, gare aux désillusions d’un marché fragmenté en autant d’États fédérés où les accises et autres barrières non tarifaires pourraient doucher cette bouffée d’euphorie en ces temps de recherche de diversification commerciale.

Ne faisons pas la fine bouche et allons explorer ces nouvelles perspectives d’accord mets-vins.
Ça ne peut être que du mieux. Du bien voire du très bien, on verra avec le temps.

Sylvain Naulin

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