Viticulture

23 septembre 2022

L'actualité 2022 du côté des pépinières viticoles

Chronique rédigée par Vincent Delbos des Pépinières GUILLAUME.


Au niveau de la production :


Cet hiver, les opérations de préparation du matériel végétal et du greffage ont pu se terminer dans les temps mais avec beaucoup de difficultés à recruter le personnel nécessaire à notre métier très manuel.
D’abord un peu inquiets vis-à-vis de la qualité du matériel végétal et en particulier des greffons à cause de l’année 2021 peu propice à la mise en réserve (froid + mildiou), le printemps particulièrement doux a favorisé une reprise rapide des plants en pépinière.
L’été chaud et sec a ensuite pris le relais offrant des conditions propices au développement des plants grâce à l’irrigation dont nous avons eu cette année particulièrement besoin. Nous avons également eu la chance au niveau du Centre Est d’être épargnés par les orages de grêles qui ont provoqué des dégâts considérables sur certaines pépinières d’autres régions.
Grâce à ces conditions réunies, les plants ont aujourd’hui environ deux semaines d’avance par rapport à 2021 avec un aoutement déjà bien avancé. Nous commençons maintenant à démonter l’irrigation et enlever les paillages  en vue de préparer l’arrachage. Il faudra attendre l’opération du triage pour éprouver la solidité des soudures et connaitre les reprises finales mais nous espérons qu’elles seront globalement, au-delà des difficultés de reprise récurrentes de certains assemblages et variétés de porte greffe, meilleures que l’année dernière.

Au niveau des livraisons :
La sécheresse et les fortes températures n’ont en général pas affecté les plantations du printemps qui ont un peu tardé à démarrer mais se sont ensuite bien développées. En revanche, les conditions climatiques chaudes et sèches ont été assez préjudiciables pour les repiquages qui ont parfois subi un taux de mortalité important.
Cela souligne pour les complants la concurrence hydrique des souches voisines dès la première année. Vis-à-vis d’une nouvelle plantation, en repiquage, la préparation du sol (aération-décompaction) est aussi souvent trop limitée en terme de volume. Pour favoriser la reprise, il faut essayer de creuser des trous suffisamment larges et profonds afin d’offrir aux racines des complants un environnement meuble aussi bien pour leur développement que pour la rétention d’eau.
Les premiers symptômes de souffrance à la sécheresse pour un complant sont reconnaissables par l’arrêt de croissance (apex sec) puis le jaunissement des feuilles en partant de la base. Des années comme celle-ci, il faudrait pouvoir arroser les complants une voire 2 fois. Mais cette opération est loin d’être commune car très chronophage compte tenu de la dispersion au sein du parcellaire. Lorsqu’on peut arroser, il ne faut pas hésiter à mettre 3 à 4 L par pied en arrosant un rayon de 20 cm autour des complants.
Nous remarquons aussi que les repiquages précoces d’automne et d’hiver sont en général ceux qui s’en sortent le mieux ces années sèches car ils profitent du cumul des pluies hivernales. Il est en revanche impératif de butter ces plants pour éviter à la fois la dessiccation du greffon en repos végétatif et aussi les dégâts potentiels des gels d’hiver. Dès avril et à moins de gelées tardives, les plants peuvent enfin être débutés pour dégager le point de greffe.


La demande pour des repiquages « précoces » est donc en hausse mais les viticulteurs doivent savoir que le Traitement Eau Chaude obligatoire sur les plants contraint les pépiniéristes à un certain délai  opérationnel vis-à-vis  des premières livraisons de plants qui n’ont pas été traités avant greffage.
Mais en ayant réalisé les trous dès la fin des vendanges et moyennant ensuite buttage, les repiquages peuvent néanmoins s’étaler durant tout l’hiver à l’occasion des créneaux climatiques favorables.

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